Il n’y a pas que les aliens qui prolifèrent dans les vaisseaux spatiaux, les bactéries terrestres aussi. Selon la revue New Scientist, des chercheurs viennent de montrer que des lignées de salmonelles cultivées dans l’espace ont subi plusieurs mutations génétiques qui les ont rendues beaucoup plus pathogènes.

167 mutations en 12 jours

En septembre 2006, à l’occasion d’un vol spatial de 12 jours, Cheryl Nickerson et ses collègues de l’Université de l’Arizona ont confié à l’équipage de la navette Atlantis des cultures de la bactérie pathogène Salmonella typhimurium. Au retour, 167 gènes de la bactérie avaient muté. De plus, inoculées à des souris, ces salmonelles de l’espace se sont révélées trois fois plus mortelles que les salmonelles restées sur Terre.

L'espace plus fort que le SIDA?

Une découverte inquiétante pour les éventuels candidats à un (long) voyage vers Mars. En effet, on s’est aperçu que les séjours prolongés en apesanteur inactivent en grande partie le système immunitaire humain. Une salmonelle bénigne transportée par les astronautes à l’embarquement pourrait par exemple muter, devenir plus virulente et ravager un équipage à l’immunité affaiblie.

Un gène dangereux

Heureusement, Nickerson et ses collègues ont aussi mis en évidence un moyen de limiter le risque d’adaptation malfaisante. Ils ont découvert que les mutations observées chez les salmonelles cultivées en apesanteur ou en microgravité dépendent de la présence, ou non, d’un gène unique appelé hfq. Dans les lignées dépourvues de ce gène, aucune mutation pathogène n’a été observée.

En étudiant ce phénomène, les chercheurs espèrent pouvoir mettre au point des stratégies efficaces pour réduire le risque d’apparition de maladie infectieuse durant un voyage spatial.

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