L'objet des 2 contrats sur 30 mois est de faire du « canon électrique » , ou plutôt électromagnétique, une technologie mature et concrète pour être finalement utilisée lors de missions navale diverses . Cette technologie permettra à terme d'envoyer des engins guidés à Mach 7.0 ! (7 fois la vitesse du son).

Vidéo : Essai du Railgun de la Navy
Canon électromagnétique

Ce nouveau genre de canon permettra de réduire les coûts et d'améliorer la survivabilité du navire. En effet, avec ce canon, il n'est plus besoin de stocker les munitions (les munitions comportent des explosifs, talon d'Achille des navires si la soute à munition venait à être touché lors d'un combat). Petit bonus : s'il est contraignant de ravitailler un navire de missiles, ce n'est pas le cas pour des obus : on pourra le faire en pleine mer.

 

Ce contrat signifie en réalité la réalisation de la seconde de 3 phases pour le design préliminaire d'un démonstrateur de lanceur de 32 mégajoules.

La Navy affirme que ce type d'arme possède l'efficacité cinétique d'un missile au prix de simples balles (supersoniques quand même...).

En Janvier de cette année, cette arme du futur, efficace et bon marché a réalisé des tirs de démonstrations après confirmation par des essais (voir vidéo).

Il faut savoir qu'une fois cette technologie mise en oeuvre dans les années 2020 normalement, cela permettra d'accroître la portée de frappe de la Navy d'un facteur 10.

Les projectiles de la Navy seront alors capable de frapper jusqu'à 320 voire 400 km, soit si le tir a lieu vers les terres, le plus souvent hors de portée des armes de l'ennemi et en seulement 6 minutes de temps au maximum ! Pour la comparaison, les canons actuels de la Navy ne tirent qu'à une trentaine de km seulement...

Comment fonctionne cette arme si révolutionnaire ?

Le principe du canon électrique est très simple : on envoie un courant électrique le long de rails électriques parallèles. Cela engendre une force électromagnétique extrêmement puissante qui est capable d'envoyer un projectile à une vitesse monstrueuse.

Contrairement aux armes conventionnelles, aucun explosif (à poudre) n'est donc nécessaire pour tirer le projectile et la sécurité est donc bien plus importante. Il faut par contre un générateur impulsionnel assez costaud.

Le prototype actuel ne fait que 8 mégajoules mais l'arme définitive devant équiper les futurs destroyers américains de nouvelle génération, nommés actuellement DD(X) 246.jpg, feront 64 mégajoules. Or, les canons actuels de la Navy ne génère actuellement que 9 mégajoules en sortie de canon. Il est probable qu'on établisse une dérivation du moteur vers l'arme le temps du tir...

Le progrès du développement de cette arme a été très spectaculairement rapide pour passer des plans à la réalisation d'un prototype complètement fonctionnel.








On compare parfois son tir à celui du Flash d'un appareil photo : on met en charge une source et on déclenche les millions d'ampères, ce qui engendre un champ électromagnétique qui entraîne un guide métallique qui contient l'obus. Merci à la classique force de Lorentz,(canon de lorentz+mission STS 48, l'ultime preuve?

)

Lors des essais, l'obus pesait 3,2 kg et ne possédait pas de charge. Les obus définitifs seront bien plus grands et lourds : ils frapperont avec un pouvoir dévastateur aussi important que celui des Tomahawk -- les célèbres missiles qui étaient employés lors de la première guerre du Golfe essentiellement-- en raison de l'incroyable vitesse des projectiles.

La différence pour la Navy est qu'un Tomahawk coûte un million de dollars et un obus de canon électrique quelques milliers de dollars...

Le coût final dépendra de l'électronique embarquée : ailerons, GPS et navigation. Il faudra par ailleurs une électronique plutôt spéciale afin qu'elle résiste à l'accélération foudroyante de départ : peut-être 45 000 Gs (45 000 fois l'accélération terrestre !) en sortie de canon. Comme sur un plan balistique, la trajectoire de l'obus est très longue, elle devra être souvent corrigée afin d'atteindre finalement la cible.

A l'apogée de sa trajectoire, l'obus aura une altitude de 150 km environ, soit en dehors de l'atmosphère terrestre !

On a oublié de préciser un gros avantage par rapport au Tomahawk. Ce dernier a besoin d'un long temps de préparation de mission. Pour le canon électrique, on vous fournit des coordonnées GPS, on les entre dans le système et c'est tout.

Enfin, pour la petite histoire, le concept de cette arme a véritablement décollé dans les années 70 lorsque le président Ronald Reagan avait lancé le fameux programme « Star Wars » (stratégie anti-missiles). A l'origine donc, les obus tirés par des canons électriques devaient abattre les missiles en plein vol : c'était le programme Checmate

Source 1 : Actualité originale

 

 

 
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