Les ovnis en Calédonie, ce n’est pas de la science-fiction. Sur le Caillou, deux cas d’observation, en partie inexpliqués, ont été recensés.
Le Groupe d’étude et d’information sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés est un organisme, dépendant du Centre national d’études spatiales, chargé d’enregistrer les témoignages. Une partie de ses archives vient d’être rendue publique.

Une route de campagne perdue, un raccourci que jamais il ne trouva, une lueur étrange… Toutes les histoires d’ovni ne commencent pas de cette manière. Quoique… Ce 19 avril 1991, aux alentours de 17 heures, un couple accompagné d’une amie circule en direction de Nouméa. Ils viennent de passer le col d’Amieu, à Sarraméa, tout près de la scierie, lorsqu’ils sont témoins d’une étrange vision. La passagère avant du véhicule expliquera plus tard, devant les gendarmes : « J’ai vu deux disques très scintillants de couleur argentée (…) qui se déplaçaient à très grande vitesse. Cette observation n’a duré que deux à trois secondes tout au plus. (…) Je ne m’explique pas ce phénomène. »

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A côté d’elle, le conducteur de la voiture confirme. « Il faisait encore jour, le ciel était dégagé sans aucun nuage, je me trouvais sur un plateau non boisé. J’ai vu un objet en forme de boule, très scintillant, de couleur bleue, rose et vert fluorescent. Cet objet filait très rapidement (…) ne faisait aucun bruit et n’a laissé aucune trace apparente dans le ciel. »
Cette observation, qui reste à ce jour irrésolue, est l’un des deux cas recensés en Nouvelle-Calédonie par le Geipan (Groupement d’étude et d’information sur les phénomènes aéronautiques inexpliqués), une cellule du Cnes (Centre national d’études spatiales) chargée de collecter les affaires de ce genre.
Le cas de Sarraméa est qualifié de « phénomène aérospatial de type D ». C’est à dire qu’à ce jour, cette observation reste une énigme pour la science, un phénomène inexplicable, malgré la précision des témoignages. Ce qui n’est pas le cas du second dossier « pan » (pour « Phénomène aérospatial inexpliqué) recensé sur le Caillou.
Autre configuration des lieux et autre contexte. En 1994, c’est à bord d’un avion d’Air Calédonie que plusieurs témoins assistent à un spectacle peu banal. Jean-Marc Tadielo était alors le copilote du Dornier 228 et se souvient encore assez précisément du phénomène. Et pour cause. « Nous avons constamment l’habitude de regarder le ciel, ça fait partie de notre métier quand on navigue. C’est pour ça que lorsqu’on repère quelque chose d’anormal, ça saute tout de suite aux yeux. » En l’occurrence : un rond de deux à trois centimètres de diamètre, se présentant sous la forme d’une lumière intense, se déplaçant à très grande vitesse, sans changement de trajectoire, laissant derrière lui une traînée jaune orangé.
« Le phénomène évoluait sur le côté droit de l’appareil, avant de passer au-dessus de nous, se souvient Jean-Marc Tadielo. Dès qu’on l’a repéré, on s’est tournés vers les passagers pour leur montrer la traînée lumineuse, qui a duré plusieurs dizaines de secondes. »
Devant les gendarmes, le pilote décrira le phénomène comme « une lumière blanche éclatante, avec une forme ronde parfaite ». Il poursuit : « La lumière ne diffusait pas et cela m’a étonné. Je dirais que ce phénomène se déplaçait à plus de 3 000 km/h. »

« Une petite lumière blanche… »

Pendant l’observation, l’équipage ne constate aucune anomalie des appareils de navigation. Les pilotes cherchent immédiatement des explications rationnelles en contactant la tour de contrôle. Sans résultat. Les retranscriptions des échanges radio entre l’équipage et la tour figurent dans le dossier.
L’enquête de la brigade des transports aériens mentionne que deux autres personnes ont observé le même phénomène. Le premier se trouvait dans la cour de sa maison. « En direction de l’aéroport, j’ai remarqué une petite lumière blanche, de forme ovale qui se déplaçait d’ouest en est, laissant derrière elle une traînée blanche. Cette lumière ne ressemblait en rien à un avion ni à une étoile filante. Sa grosseur était de deux à trois fois le diamètre d’une étoile à la même hauteur qu’un avion de ligne. » Le second témoin fait les mêmes observations depuis une maison du Mont-Dore.
Selon la nomenclature établie par le Geipan, ce phénomène-là relève de la classe « B ». Autrement dit, de la catégorie des « phénomènes probablement identifiés ». Il s’agit vraisemblablement d’une rentrée atmosphérique. Soit celle d’un objet d’origine humaine, comme un bout de satellite, d’un étage de fusée, soit celle d’une météorite. A moins, en cherchant bien, qu’il s’agisse d’une soucoupe volante ayant loupé son entrée dans l’atmosphère terrestre…

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Fusée chinoise et couloir de rentrée

Outre les deux cas dûment répertoriés par le Geipan, quelques observations sont recensées chaque année sur le Caillou. La dernière en date remonte à la fin de l’année dernière.
Dans la soirée du 26 décembre, une traînée lumineuse est observée face à la baie des Citrons. « J’ai d’abord cru à un feu d’artifice, relatait une automobiliste dans notre édition du 28 décembre. Mais c’était trop lent. Ça a longé la baie des Citrons à l’horizontale, en vingt ou trente secondes et c’était très bas. » Un autre témoin, habitant Robinson, voit quant à lui « deux formes oblongues, (…) d’une couleur jaunâtre et orangée. (…) Puis j’ai vu des formes à l’arrière, des petits points bleu, orange et vert. »

La chute de satellites, c’est leur dada

Depuis, le mystère est totalement levé. Jean-Christophe Millot, membre assidu de l’Association calédonienne d’astronomie explique qu’il s’agissait de la rentrée atmosphérique de l’étage d’une fusée chinoise. Comment le sait-il ? « Il existe des sites de passionnés, qui disposent d’informations fiables, provenant de professionnels, qui recensent les lancers d’engins spatiaux et répertorient les prévisions de rentrées atmosphériques de certains satellites, explique ce féru du ciel. Dès lors, il suffit de guetter les zones géographiques concernées. » Et ceci même si ces prédictions de rentrées restent assez vagues, et dépendent de facteurs aussi divers que l’état de l’atmosphère ou des éruptions solaires.
En outre, la Nouvelle-Calédonie est toute proche du « couloir de Koroliev », du nom de l’un des pionniers de l’exploration spatiale russe. « Il s’agit d’une trajectoire orbitale établie par les Russes dans les années 60, qu’ils utilisaient pour faire retomber leurs engins spatiaux. Une région qui s’apparente à une véritable poubelle de l’espace, car, à une époque, les Russes étaient bien entendu les plus gros lanceurs d’engins spatiaux. Ainsi, en 2001, la chute d’une partie de la station orbitale Mir a pu être filmée en plein jour depuis les îles Fidji. »
Située à l’est de la Nouvelle-Zélande, flirtant avec l’Antarctique et remontant dans le Pacifique sud, la région n’est guère encombrée de terres émergées. Le risque qu’un bout de satellite ou de fusée ne tombe sur le coin de la figure d’un être humain est donc réduit.
D’où peut-être l’importance des observations de phénomènes s’apparentant à des lueurs laissant libre cours aux phantasmes de soucoupes volantes…

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Les ovnis pour les nuls

La plupart des phénomènes peuvent s’expliquer de manière rationnelle. A l’exception de tous les autres…

• Les étoiles filantes
La taille de l’objet entrant dans l’atmosphère et produisant cet effet peut aller du grain de sable à la balle de golf. La lueur qu’il émet, plus brillante que n’importe quelle étoile, dure jusqu’à dix secondes et varie du blanc au rouge, voire au vert.

• Les rentrées atmosphériques
Il peut s’agir de chutes de météorite, d’un étage de fusée ou de bouts de satellite. L’aspect général est celui d’une ou de plusieurs minuscules boules incandescentes parallèles.

• Les nuages lenticulaires
En plein jour, certains nuages peuvent prendre l’apparence de soucoupes volantes. Il s’agit des nuages lenticulaires qui apparaissent dans certaines conditions météorologiques, souvent aux abords des montagnes, comme par exemple près des monts Koghi ou du mont Mou.

• La foudre en boule
C’est l’hypothèse souvent avancée par les « anti-ovnis » pour expliquer l’inexplicable, même si l’observation de la foudre en boule est aussi rare que celles des… ovnis.
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