Une nouvelle étude veut remettre la civilisation humaine à sa place.

En 1961, l’équation de Drake, du nom de l’astronome qui l’a suggéré Frank Drake, donnait une estimation du nombre de civilisations dans l’univers. À l’époque, il avait deux hypothèses: soit la race humaine était la seule à s’être développée, soit il y en a des centaines ou plusieurs milliers. Le débat consistait alors à savoir quels facteurs il fallait prendre en considération pour faire ces calculs.

Aujourd’hui, des chercheurs de l’université de Rochester à New York ont mis à jour cette équation pour en proposer une version «archéologique». Ils ont découvert que l’estimation de Drake pourrait s’élever à plusieurs milliards de civilisations si l’on remonte bien avant le développement de la vie sur Terre. «Ils ont repris la fameuse équation de Drake pour en faire une “version archéologique” qui ne prend pas en compte le temps de présence des civilisations extraterrestres», explique le site LiveScience. Les chercheurs ont aussi incorporé les observations du télescope de la Nasa Kepler et d’autres instruments qui indiquent que 20% des planètes pourraient héberger de l’eau, et donc de la vie.

Remise en perspective

«La probabilité pour que l’humanité soit la première espèce technologiquement avancée que le cosmos n’ait jamais connue devrait être de 1/1022», écrit LiveScience, qui relaie l’étude. En clair, la probabilité pour que l’Homme soit la première espèce intelligente et développée est infime, ce qui laisse la porte ouverte à des hypothèses fascinantes. «Pour moi, explique Adam Frank, auteur principal de l’étude, cela implique que des espèces intelligentes et technologiquement avancées ont évolué avant nous.» Son équipe et lui en ont déduit que ce qui est arrivé sur Terre avec l’Homme a pu arriver ailleurs environ dix milliards de fois durant l’histoire cosmique.

Mais cela ne veut évidemment pas dire que des milliards d’extraterrestres ne demandent qu’à être découverts. «L’univers est vieux de plus de 13 milliards d’années, explique Woodruff Sullivan, autre auteur de l’étude.Cela veut dire que s’il y a eu 1.000 civilisations dans notre propre galaxie, et qu’elles ont vécu aussi longtemps que nous, alors elles sont probablement toutes éteintes. Et les autres n’évolueront pas d’ici notre propre disparition. Pour avoir une chance de trouver une

autre civilisation technologique active et contemporaine, il faut qu’elle survive bien plus longtemps que notre propre durée de vie actuelle.»

Cette nouvelle recherche relève de l’hypothèse, mais elle a un grand avantage: elle permet de replacer l’Homme dans une histoire qui le dépasse et dans laquelle il n’est que de passage.

Slate.fr

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